Saint Vladimir de Russie

 

 

SAINT VLADIMIR PERE DE LA SAINTE RUSSIE ET SA DESCENDANCE
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Quadrisaïeul de Louis VIII père de Saint Louis, notre ançètre Henri Ier , Roi de France (1008-1060) épouse Anne de Kiev. Elle est la fille du Grand Prince de Russie Iaroslav Ier . c’est la première alliance entre la France et la Russie . Iaroslov est le fils de celui qui constitue notre ancêtre direct, à savoir Saint Vladimir considéré comme le père de la Sainte Russie et dont le territoire sur lequel il régnait allant de la Baltique à la mer noire était le plus grand d’Europe. ‘’Kiev égale de Byzance’’.




HISTOIRE RUSSE DES ORIGINES A LA VEILLE DE LA REVOLUTION



L'histoire russe commence en 862 avec l'arrivée en Russie du roi viking Rourik, fondateur à Novgorod de la première dynastie russe. Par la suite, tout au long du 9ème siècle, des Vikings ont quitté la Scandinavie pour s'implanter dans la partie européenne de la Russie actuelle. Au 7ème siècle, au cours des invasions barbares, des peuples slaves de l'est s'étaient déjà installés dans la région s'étendant entre Novgorod et Kiev. Peu à peu, les différents peuples se sont unifiés au fur et à mesure de l'expansion de la religion chrétienne. En effet, en 988, le grand-prince Vladimir le Saint adopta la religion grec orthodoxe. Son territoire s’étendait de la mer noire à la Baltique.

Pendant tout le 11ème siècle, la principauté de Kiev joua un rôle dominant dans la région. Mais en 1240, Kiev tomba sous les coups des envahisseurs tataro-mongoles et fut presque entièrement détruite. Toute la région fut alors partagée en petites principautés, appelées "Khanats". L'Empire mongole s'étendait alors sur une bonne partie du continent asiatique et jusqu'en Russie européenne (où regnait le Khanat de la Horde d'or). Les deux siècles suivants ont vu la ville de Moscou prendre de plus en plus d'importance comme capitale régionale et centre de l'Eglise orthodoxe. A la fin du 15ème siècle, le Tsar Ivan III libéra définitivement la Russie du joug mongol et s'empara des villes de Novgorod et de Tver. Le Tsar Ivan IV Le terrible (1533-1584), premier tsar à véritablement résider à Moscou, acheva de faire de sa ville la capitale de l'empire en liquidant les princes et les Boiars, alors en rivalité constante.

En 1613, Michel Romanov fonda la dynastie des Romanov, qui régna jusqu'à la Révolution d'octobre. Le petit-fils de Michel Romanov, Pierre le Grand (1689-1725), fit de la Russie une puissante dominante en Europe du nord. Grâce à sa victoire sur Charles XII de Suède à la bataille de Poltava (1709), il étendit les frontières de son empire loin vers l'ouest. Catherine la Grande (1762-1796) poursuivit cette politique d'ouverture sur l'Europe, s'empara de la Crimée, d'une partie de l'Ukraine et de l'est de la Pologne. La Russie était alors devenue une monarchie absolue et centralisée calquée sur le modèle français. Le tsar Paul Ier (1796-1801) n'hésita pas à envoyer le général Souvorov en Italie pour combattre l'armée révolutionnaire française. Sous le règne d'Alexandre 1er (1801-1825), la Russie résista victorieusement aux menées impériales de Napoléon. Celui-ci avait commencé par remporter des victoires éclatantes sur les Russes, notamment lors des batailles de Smolensk et de Borodino. L'incendie de Moscou en 1812 arrêta net l'avancée des troupes françaises et l'hiver russe contraint Napoléon à reculer. La Russie mit à profit les guerres napoléoniennes pour s'emparer de la Finlande (1809) et de la Bessarabie (Moldavie actuelle; 1812). Le séjour des troupes russes a Paris permit aux jeunes officiers russes de découvrir les idées libérales à l'origine de la Révolution française, alors même qu'Alexandre 1er sera a l'origine de la constitution de la Sainte Alliance, qui lutta contre ces mêmes idées. En 1825, la tentative d'un groupe de jeunes officiers réformateurs (les Décabristes) d'imposer une monarchie constitutionnelle fut réprimée dans le sang.



Lors de la guerre de Crimée (1853-1886), qui vit la Turquie s'allier à l'Angleterre et à la France contre la Russie, cette dernière perdit une grosse partie de la Crimée et du sud de l'Ukraine. Alexandre II (1855-1881) s'empara par la suite de l'Asie centrale et mena une série de réformes, notamment l'abolition du servage en 1861. Il encouragea également le développement industrielle et commença le chantier de la ligne de chemin de fer la plus longue du monde, le Transsibérien, de Moscou à Vladivostock. En 1881, Alexandre II fut assassiné. Des nouvelles guerres, notamment avec la Turquie, permirent à la Russie de s'emparer du Caucase, du Turkestan et des territoires de l'Amour. Après la défaite de la Russie face au Japon (guerre russo-japonaise, 1904-1905), les mouvements libéraux et révolutionnaires exigèrent du tsar Nicolas II (1894- 1917) qu'il accepte la constitution d'un parlement (Douma). La Douma, élue en 1906, n'avait cependant qu'un pouvoir limité.










SAINT VLADIMIR, GRAND-PRINCE DE KIEV, PERE DE LA SAINTE RUSSIE ORTHODOXE ( 958-1015)





Vladimir est le fils de Sviatoslav, (fils de la Princesse Olga (Sainte Olga) ) et d’une esclave.

Son père régna à Kiev à partir de 957. Il vainquit les Khazars et les Bulgares. Il lutta contre l’Empereur byzantin Tzymiscès et fut tué par les Petchénègues en 972.

A la suite du siège manqué de Constantinople (864), le Patriarche Saint Photios envoya à Kiev un Evêque accompagné de Prêtres, afin d'y semer les premières semences du Christianisme (1). Mais cette mission fut bientôt interrompue lors de la prise de la ville par les princes varègues (Vikings) Oleg et Igor (880-883), qui favorisèrent l'implantation de leur congénères idolâtres. Par la suite, les trois attaques tentées par les Russes contre la capitale byzantine (911, 944 et 971) conduisirent à l'installation de marchands qui embrassèrent le Christianisme et devinrent missionnaires en rentrant dans leur patrie, si bien qu'en 945 Kiev possédait une assez grande Communauté Chrétienne, qui se rassemblait dans l'église du prophète élie . La veuve du prince Igor, Sainte Olga, se fit baptiser alors qu'elle était régente , mais cette conversion resta personnelle et n'eut pas de répercussion notable dans son peuple. Bien au contraire, dès que son fils Sviatoslav prit le pouvoir, restant sourd aux exhortations d'Olga, il encouragea le paganisme, car la conversion au Christianisme était considérée comme une transgression de la tradition de son peuple et une honte.



À la mort de Sviatoslav, son fils laropolk, qui était plus favorable aux Chrétiens, devint prince de Kiev, alors que son frère cadet, Vladimir, s'installait à Novgorod. Chassé de là par laropolk, il alla se réfugier en Scandinavie, d'où il revint peu après avec un fort contingent de Varègues. Il expulsa son frère, qui mourut au cours du combat, et s'installa à Kiev (980). Les instructions de sa grand-mère, Sainte Olga, et de sa mère, Malousa, n'avaient pu décider Vladimir à renoncer à l'idolâtrie et animé d'un zèle ardent pour les dieux des Vikings, dès son intronisation, il fit édifier sur les hauteurs de la cité un temple dédié au dieu du tonnerre, Péroun, où l'on faisait même des sacrifices humains. Et, conséquence de cette impiété, le prince menait une vie excessivement débauchée, qui le rendit tristement célèbre. Monarque belliqueux et soucieux d'étendre son territoire, il avait déclaré une guerre sans merci aux peuples voisins : Bulgares et Lituaniens. Au retour d'une campagne victorieuse contre les Jatvagues (983), il décida de rendre grâces aux dieux par un sacrifice humain. Le sort tomba sur un marchand varègue, Théodore, et son fils Jean, qui étaient Chrétiens et qui devinrent ainsi les premiers-Martyrs du sol russe .


Cet ignoble sacrifice fit cependant une forte impression sur l'âme de Vladimir. Il se mit alors à méditer sur la religion et à nourrir des doutes à propos de l'idolâtrie. Ces préoccupations vinrent à la connaissance des peuples qui vénéraient un seul Dieu: les Bulgares musulmans de Kama, les Juifs Khazars, les Germains, Chrétiens latins, et les Grecs Orthodoxes. Ils envoyèrent des émissaires à Kiev, qui essayèrent d'influencer le prince en présentant leurs arguments; mais seul l'envoyé de Byzance parvint à capter son attention en réfutant toutes les autres religions et en lui exposant l'oeuvre salvatrice de Notre Seigneur Jésus-Christ. Après avoir consulté ses boïars, le prince décida d'envoyer ses propres ambassadeurs dans ces différents pays, afin de se rendre compte par eux-mêmes de la manière dont on y vivait la religion. Quand les émissaires envoyés dans la capitale byzantine assistèrent à la Divine Liturgie et aux diverses cérémonies qui avaient lieu à Sainte-Sophie, leur impression fut si forte qu'ils en restèrent stupéfaits et rapportèrent ensuite à leur souverain : « Nous ne savions plus si nous étions au ciel ou sur la terre. Car il n'y a pas sur terre un tel spectacle, ni une telle beauté, et nous sommes incapables de l'exprimer. Nous savons seulement que c'est là que Dieu demeure avec les hommes, et que leur culte dépasse celui de tous les pays. Cette beauté nous ne pouvons l'oublier, et nous savons qu'il nous sera désormais impossible de vivre en Russie d'une manière différente! » Convaincu que cette gloire manifestée dans la Liturgie ne pouvait être que le respIendissement de la Vérité, Vladimir se décida donc à devenir chrétien.

Entre-temps, l'empereur de Byzance, Basile II, affaibli par la guerre contre le tsar des Bulgares, Samuel, et menacé d'être expulsé de Constantinople par la révolte de Bardas Phocas (987), fit appel au grand-prince de Kiev. Vladimir proposa de lui envoyer six mille Varègues, mais demanda en échange la main de sa soeur, Anne Porphyrogénète, en promettant de se convertir au Christianisme avec tout son peuple. Grâce à l'intervention des Varègues la révolte de Bardas fut réprimée, mais l'empereur tarda à tenir sa promesse et à envoyer à Kiev sa soeur qui répugnait à s'unir à un païen. Jamais, en effet, une princesse de rang impérial n'avait été mariée à un barbare. Vladimir marcha alors vers la Crimée et s'empara de la ville de Cherson, menaçant de poursuivre vers Constantinople si l'empereur ne tenait pas sa promesse(2). Effrayé, Basile envoya sans retard sa soeur, accompagnée de l'Evêque Saint Michel (cf. 30 sept.) et des Prêtres qui avaient été assignés pour la mission en Russie. Le grand-prince fut baptisé, sous le nom de Basile, le jour de la Théophanie(3) avec les officiers de sa suite, puis on célébra les noces(4). En cadeau Vladimir rendit la ville de Cherson aux Byzantins, puis il repartit pour Kiev, avec la princesse et les Clercs qui avaient pris à Cherson un fragment des Reliques de Saint Clément de Rome ainsi que d'autres glorieux trophées, Icônes et objets de culte.

Aussitôt arrivé dans sa capitale, le prince libéra de leurs obligations ses épouses païennes, déclarant qu'il ne pouvait désormais avoir qu'une seule épouse, et il commença à purifier la ville de tout culte idolâtre. Avec le même zèle qu'il avait auparavant pour le culte des faux dieux, il fit renverser leurs idoles et ordonna d'attacher la statue de Péroun à la queue de chevaux, qui lui firent dévaler la colline et allèrent la précipiter dans le Dniepr aux yeux de tout le peuple. Saint Michel commença alors à prêcher la parole de Dieu, aidé par Vladimir en personne. Le jour de la Pentecôte, une multitude d'habitants de Kiev fut baptisée dans le fleuve: jeunes et vieux entrèrent ensemble dans le bain de la nouvelle Naissance, les uns plongés dans l'eau jusqu'au cou, d'autres jusqu'à la taille, les enfants groupés au bord et les nourrissons dans les bras de leurs mères. L'Evêque célébra le Baptême et demanda au prince Vladimir de servir de parrain à tout son peuple.

Changeant complètement son caractère et adoptant la douceur des moeurs évangéliques, Vladimir supprima la peine de mort et mena dès lors une vie agréable à Dieu, qui le fit surnommer par son peuple: le "Soleil radieux". Il fit édifier des églises à la place des temples païens, et en particulier une splendide église, dédiée à la Dormition de la Mère de Dieu, fut érigée à l'endroit même du Martyre de Saint Théodore et de son fils, à laquelle le prince affecta un dixième de ses revenus(5). Il fonda aussi des écoles pour l'instruction du peuple et la formation des Prêtres. Des missionnaires furent envoyés dans les autres principautés, afin d'y proclamer la Bonne Nouvelle en langue slave(6). La ville de Kiev devint ainsi le siège de l'Evêque métropolitain, dépendant du Patriarcat de Constantinople, ayant juridiction sur cet immense territoire. Du fait de la résistance des prêtres païens, seule la principauté de Novgorod resta rétive, et c'est par la force que Vladimir y imposa le Christianisme.

Vers la fin de sa vie, après la mort de sa femme, le Saint prince eut à endurer de cruelles afflictions de la part de ses deux fils aînés, Sviatopolk et Iaroslav. Sous l'influence de son beau-père, le roi de Pologne, qui l'avait convaincu de se convertir au catholicisme, Sviatopolk s'insurgea contre Vladimir, qui fut mis en prison, et une guerre de courte durée éclata entre la Pologne et la Russie (1013). L'année suivante, Iaroslav, profitant de la haine que nourrissait la principauté de Novgorod à l'égard de Kiev qui lui avait retiré l'hégémonie au temps d'Oleg, fomenta une révolte. Mais avant que la guerre ne soit déclarée, saint Vladimir tomba gravement malade. Il envoya son fils Boris combattre contre les Petchénègues, païens endurcis et de moeurs sauvages, qui attaquaient son territoire, et relâcha Sviatopolk avant de rendre son âme à Dieu, le 15 juillet 1015. Sviatopolk essaya de cacher au peuple la mort de son père(7); mais au matin la cathédrale, dans laquelle le corps avait été transporté, se trouva entourée de milliers de personnes de toutes qualités, qui versaient d'abondantes larmes et élevaient vers Dieu leurs lamentations, car ils venaient de perdre leur père et le nouvel-Apôtre qui leur avait apporté la lumière de la foi et qui, tel un autre Constantin, avait élevé leur peuple au rang des grandes nations chrétiennes. Ses précieuses Reliques furent cachées pendant l'invasion mongole, et on ne les retrouva, dans les ruines de l'église, qu'en 1631. Son crâne est conservé dans l'église principale du Monastère des Grottes de Kiev, sa mâchoire dans la Cathédrale de la Dormition à Moscou, et d'autres fragments dans divers Sanctuaires de Russie.

1). Selon d'autres, ils furent envoyés par le Patriarche Saint Ignace.
2). Selon certains historiens, la prise de Cherson ne fut pas un acte de menace. Au contraire Vladimir serait venu alors en aide à Basile en prenant cette ville qui s'était insurgée et avait pris parti pour Bardas Phocas.
3). En 989 à Cherson ou selon d'autres en 988 à Kiev. La Chronique russe rapporte que Vladimir étant devenu aveugle peu avant son baptême, recouvra la vue en sortant des eaux baptismales.
4). Il semble que le mariage ait plutôt eu lieu à Kiev, après le Baptême du peuple.
5). Lors du grand incendie de 1070, 700 églises furent détruites à Kiev. Ce qui montre l'importance de la christianisation. En ce temps-là Kiev était considérée comme une des principales capitales d'Europe en ce qui concerne les arts et les lettres.
6). C'est de Bulgarie, où l'oeuvre des Sts Cyrille et Méthode avait été poursuivie par leurs disciples, que furent importées les traductions indispensables à la formation de la culture ecclésiastique de la Russie de Kiev. Ce fut surtout Iaroslav le Sage, successeur de St Vladimir (1019-1054), qui favorisa cette activité de traduction des livres grecs.
7). C'est lui qui fit assassiner peu après les deux fils préférés de Vladimir, qu'il avait eu de la Princesse Anne.



IAROSLAV Vladimirovitch ( Iouri) GRAND PRINCE DE RUSSIE (978-1054)











Septième souverain de Russie Kévienne , né en 978, mort à Vyszogrod en 1054. Fils de Saint Vladimir baptisé avec lui en 988 . Il reçut alors le nom chrétien de Georges (Iouri) , il lui succéda en 1015 comme prince de Novgorod ; mais il dut lutter contre deux de ses frères , et ne se trouva en possession de l’héritage de son père qu’en 1035.



Il reprit la Russie Rouge aux polonais , étendit sa domination vers la Baltique (1030) , et essaya en 1043 , de s’emparer de Constantinople. C’était un excellent administrateur. Il a laissé un code nommé Rouskaï Pravda, la loi fondamentale Russe. C’était un homme cultivé et amateur de littérature. Très pieux il fit construire la Basilique Sainte Sophie et tenta de conformer sa pratique politique Aux Saintes Ecritures. Sa fille, Anne de Kiev épouse le Roi de France Henri 1er.









ANNE DE KIEV OU ANNE DE RUSSIE REINE DE FRANCE








Elle naît en 1024, fille de Iaroslov , grand Prince de Russie,petite fille de Vladimir le Saint et du Roi Olaf III de Suede,. elle épouse en en 1051 , Henri 1er de France , veuf depuis sept ans. En choisissant une princesse aussi lointaine, le roi était assuré que la papauté ne l’accuserait pas d’épouser une de ses parentes.

Dans toutes les cours d’Europe, on loue les splendeurs de la principauté de Kiev . La ‘’cité aux 400 clochers égale à Byzance ‘’

En 1048, l’êveque Roger de Chalons est envoyé à Kiev en mission . En 1050 une seconde Ambassade ramène en Françe Anne agée de 20 ans, la plus jeune des filles de Iaroslov 1er.



Des mois pour traverser l’Europe avec de riches présents et ramener Anne de Kiev à la beauté blonde et lumineuse. ( Elle a du sang viking) . Elle apporte avec elle des richesses de son pays.


Peaux d’Ours de l’Oural, fourrures d’Astrakan, soiries d’Ispahan, miel et Or de Colchide (actuelle Georgie), parfums d’Arménie, etc… Les noces sont célébrées à la cathédrale de Reims le 19 Mai 1051.



A compter de 1059 et jusqu’à la fin du XVIII ème Siècle les Rois de France en accédant au trône prêtaient serment sur un très ancien évangéliaire Ruthée écrit en écritures Cyrillique et glogolotique. Il s’agit de l’évangéliaire de Reims , un des plus anciens documents de la langue littéraire Ruthène (Ukrenienne), aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.
C’est Anne de Kiev qui a amené cet évangéliaire en France.




Anne donna à Henri 1er quatre enfants dont le futur Philippe 1er . Veuve en 1060, réputée pour sa grande beauté de plus très instruite, elle est enlevée par le Comte de Crépy , Raoul de Péronne, qui l’épouse .



Raoul Le Grand, Comte de Crepy et Valois Proche du Roi Raoul , descendant de Charlemagne était comme l’écrivait un historien Français ‘’Un des magnats les plus puissant et un des plus indépendants de tous ceux de France . Il ne reconnaissait aucun pouvoir supérieur au sien, surtout si ce pouvoir contrariait ses desseins . Il ne craignait ni l’armée Royale , ni les foudres de l’Eglise.’’.


Le Roi Henri ne put empêcher des relations intimes entre Anne et Raoul et demanda l’aide du pape Nicolas II à cet effet . On a conservé la lettre que ce pape a adressé à Anne , lettre dans laquelle , louant la piété et la dévotion de la Reine de France , il la priait de ‘’ prendre soin du Roi ‘’.


Henri 1er appartenait à la dynastie française des Capétiens . Le fondateur fut Hugues Capet élu en 987. Elle s’éteignit en 1328 après la mort du Roi Charles 1V . Dans le cas ou Philippe ne serait pas d’Henri mais celui de Raoul, la lignée des Capétiens ne s’est pas éteinte en 1328 mais en 1059, lorsque Philippe 1er fut proclamé Roi.



Après la mort d’Henri, Raoul épousa Anne Yaroslavna et devint le tuteur du Roi mineur aidant Anne à gouverner la France .


Seule Anne connaissait la réponse à une des plus grandes énigmes de notre histoire.


Le mariage officiel d’Anne et de Raoul eut lieu en 1062 . Auparavant Raoul avait deux épouses et cinq enfants . Sa première épouse n’accepta pas sa répudiation et s’adressa au pape. Le pape Alexandre II excommunia Raoul et proclama nul son mariage avec Anne . Mais Anne et Raoul continuèrent à mener une vie conjugale jusqu’à la mort de ce dernier en 1074.


Après la mort d’Henri, Anne vécut au Château de Senlis . Comme l’a écrit un chroniqueur français du moyen age , elle aimait Senlis , vieille ville royale ‘’ Non seulement pour l’air pur qu’on y respirait , mais surtout pour le plaisir de la chasse qu’elle appréciait particulièrement ‘’



On édifia sur son ordre l’église Saint Vincent et une abbaye .








- Dictionnaire de l’histoire de France Alain decaux, Andre castelot Edition Perrin
- Larousse du XX ème Siècle
- Monastère Orthodoxe des Saints Elie et Elisée-
- Du prince au Tsar de Jean Pierre Arrignon
- Extraits textes de Halyna et Ihor Nabytovytch (1998)









Du prince au tsar
Jean-Pierre Arrignon
Professeur à l'université d'Artois



Les Russes sont entrés tardivement dans l'histoire. Il faut attendre la seconde moitié du IXe siècle pour que soit évoqué le prince Rjurik qui donnera son nom à la première dynastie des princes russes, les Rjurikides, qui régneront de 862 à 1598. Suit alors le « Temps des troubles » (1598-1604) qui s'achève par l'élection de Michel Romanov, le fondateur de la dynastie du même nom qui gouverne la Russie jusqu'au 17 juillet 1918. Ainsi l'histoire russe n'a connu que deux dynasties régnantes dont les souverains ont porté successivement les titres de prince, grand-prince, tsar et empereur.

Le knjaz, prince païen puis chrétien


Pour la période glorieuse de l'histoire russe médiévale prémongole, de 862 à 1054, le seul titre porté par les princes russes est celui de prince ou knjaz. Ce titre est d'ailleurs reconnu par les empereurs de Constantinople qui le traduisent par archonte. En fait, le prince détient un pouvoir de facto, en grec une arkhè. Les empereurs de Constantinople se bornent à reconnaître le pouvoir régnant à Kiev, se refusant à lui donner un caractère aulique spécifique. D'ailleurs, le prince, païen, est tout à la fois le chef politique et le chef religieux de la tribu. Cette logique poussera Vladimir à tenter d'unifier les tribus slaves autour du dieu païen Perun dont il fait son dieu tutélaire.

L'échec de cette tentative d'unification autour du paganisme et le baptême du prince Vladimir en 988/989 changent la donne. Désormais les Russes font partie de la communauté des États chrétiens que préside l'empereur de Constantinople. Pourtant les princes de Kiev conservent leur titulature princière et ne semblent pas attachés à en changer. On ne trouve pas chez eux de tentatives d'usurper la titulature impériale comme chez les Bulgares ou les Serbes. Seul le prince Jaroslav le Sage, dont la fille, Anne, épouse le roi de France Henry Ier en 1049, est tenté de valider son pouvoir par un titre souverain. Pour ne pas heurter les empereurs de Constantinople et surtout pour éviter d'être exclu de la communauté des États chrétiens, son métropolite, Hilarion, lui propose le titre de kagan, titre souverain laissé vacant par la disparition de l'État khazar. Cette titulature nouvelle qui ménage les susceptibilités impériales et confère à son détenteur un pouvoir d'auctoritas, ne parvint cependant pas à s'imposer. Les princes russes conservent leur titre initial de knjaz. Pourtant sur les graffiti de Sainte-Sophie de Kiev nous rencontrons le titre de tsar appliqué à Vladimir ! Dans ce cas, le titre de tsar est toujours attribué à un prince mort, alors considéré comme « empereur dans les cieux ».




Le grand-prince, logntemps vassal du khan mongol


Il faut attendre le morcellement féodal de l'État unitaire et centralisé de Kiev, entériné par les princes russes réunis au congrès de Ljubeč, en 1097, pour voir apparaître le titre de grand-prince reconnu au prince de Kiev, puis avec le transfert de la résidence de la chaire métropolitaine de Kiev à Vladimir en 1199, au prince de Vladimir.

Le titre grand-princier confère à son titulaire la reconnaissance d'un pouvoir d'auctoritas sur les autres princes et suscite de nombreuses jalousies et conflits qui poussent à l'usurpation de ce titre. Il faut cependant attendre la mise en place du joug mongol, après la prise de Kiev le 6 décembre 1240, pour voir ce titre prendre une valeur particulière. Tout d'abord, l'attribution de ce dernier est désormais le monopole du khan mongol de Karakorum qui le concède à un prince russe par une charte, un jarlyk, qu'il faut aller chercher dans la lointaine capitale mongole. C'est d'ailleurs au retour de ce long voyage qu'en 1263 meurt le prince Alexandre Nevskij. En conséquence, les princes russes qui portent ce titre sont en premier lieu les représentants du khan mongol au sein de l'empire mongol. Ils reçoivent en même temps le privilège de lever l'impôt, la dan', dont ils assurent le versement au khan. Alexandre Nevskij, grand-prince de Vladimir de 1252 à 1263 a parfaitement tenu ce rôle.

Naturellement, les khans mongols ont su jouer des rivalités des princes russes pour les diviser et générer de terribles affrontements notamment, au XVe siècle, entre les princes des maisons de Moscou et de Tver' pour la possession du titre grand-princier.


Le tsar : un titre politique, militaire et religieux


Avec la chute de Constantinople en 1453 et la disparition du dernier empereur romain, l'Église orthodoxe est privée de son guide temporel. Or, pour les théologiens orthodoxes, il est constant d'affirmer que l'harmonie ici-bas résulte de la symphonie qui doit prévaloir entre le patriarche et l'empereur. Les milieux ecclésiastiques russes vont donc tout mettre en œuvre pour amener les grands-princes de Moscou à prendre le titre de tsar laissé vacant depuis 1453 et assumer la continuité de la communauté des peuples orthodoxes passés pour la majeure part d'entre eux sous la tutelle des Turcs ottomans. La pression des milieux ecclésiastiques russes sur les grands-princes de Moscou est particulièrement visible dans la célèbre épître du moine Philothée, du monastère Eléazar de Pskov écrite probablement entre 1515 et 1521 et adressée au grand-prince de Moscou Vassilij III, dans laquelle il explicite la théorie de la troisième Rome.

« À celui qui a été établi par la très haute, toute puissante et suprême main de Dieu par qui les rois règnent, les grands sont grands et les puissants disent le droit : à toi, souverain Grand-prince resplendissant, tsar chrétien orthodoxe, seigneur de tous, à toi qui sièges sur le grand trône, à toi, régent des saints trônes divins de la sainte Église universelle et apostolique, Église de la Sainte-Mère-de-Dieu, de son Assomption vénérable et glorieuse, Église qui a répandu la lumière à la place des Églises de Rome et de Constantinople…
« Il convient, Tsar, que tu maintiennes le royaume dans la crainte de Dieu…
« Écoute et souviens-toi, Tsar très pieux, que tous les royaumes chrétiens se sont réunis dans ton royaume, que deux Romes sont tombées, mais que la troisième est debout et qu'il ne saurait y en avoir une quatrième : ton royaume chrétien ne sera par nul autre remplacé. »

Comme il est clairement explicité, le titre de tsar est étroitement lié à la fonction religieuse ; il appartient au tsar de conduire ici-bas le peuple chrétien vers la Jérusalem céleste dans la vision eschatologique de la troisième Rome.

L'aboutissement de cette pression des milieux ecclésiastiques est bien sûr le couronnement du jeune Ivan IV en 1547. Désormais sur le trône de Moscou règne un tsar qui, au-delà de sa fonction politique et militaire, assume aussi le destin du monde orthodoxe.


Empereur de toute la Russie


Cet ordonnancement du pouvoir est pourtant remis en cause par Pierre le Grand qui, après sa grande victoire de Poltava en 1709 sur Charles XII de Suède, se fait décerner par décret du Sénat et du Saint-Synode le titre d'empereur de toute la Russie. Par ce titre, Pierre le Grand veut privilégier l'aspect victorieux et conquérant du prince aux dépens du religieux. Désormais le titre d'empereur de toute la Russie est le seul titre qui figure dans les actes officiels de la chancellerie impériale russe. Néanmoins, pour le peuple russe, le tsar continue d'assumer le destin du peuple et de l'État russe jusqu'à l'abdication de Nicolas II et son meurtre le 17 juillet 1918. L'Église orthodoxe russe a récemment décidé d'assimiler aux « princes souffre-douleurs » Boris et Gleb (1), les membres de la famille impériale qui ont assumé leur destin jusque dans leur martyre.


(1) Boris et Gleb sont les fils du prince Vladimir (948-1015) à la mort duquel s'ouvre une féroce guerre civile au cours de laquelle deux de ses fils, Boris et Gleb, sont assassinés par des mercenaires envoyés par leur frère, probablement Jaroslav le Sage plus que celui qui est traditionnellement accusé du double meurtre, Svjatopolk le maudit. Leur entourage les ayant informés de la menace qui pesait sur eux, ils refusèrent néanmoins de s'enfuir et acceptèrent leur destin. C'est cette attitude qui leur confère le titre de princes « souffre-douleurs ».


Jean-Pierre Arrignon
Mai 2004


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