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Famille du Chevalier Goybet : Saga traversant 10 siècles d'Histoire sur 5 continents en résonance avec l'actualité

                                                  RED HAND FLAG           NEW YORK 15/12/2007 

                                                                                    SEVENTH REGIMENT  ARMORY  

  

                                     History Detectives . Film - Red Hand Flag | PBS   

                             

Tournage du film ''the Red Hand Flag'' History Detectives produit par PBS  au Seventh Regiment Armory  à New YORK en Decembre 2007 pour lequel j'ai apporté ma contribution, diffusé dès Juillet 2008'' aux Etats Unis consacré au Fanion de Division du Général Mariano Goybet, à ses succès pour briser le front en Champagne en 1918 et à la conduite admirable de ses troupes dont deux régiments étaient Africains Américains 

         Red Hand Flag movie and links               Film Red Hand Flag  ( Contexte,et Script en  Français)           

 

                           History Detectives . Investigations - Red Hand Flag | PBS   

 

 

History detectives avec Gwendolyn Wright                                                                      African American 371st Infantry Regiment

 Video : - PBS "History Detectives"  Gwendolyn Wright      Video :  - African-American 371st Infantry Regiment      

    

 Ce site n'a pas pour but, ni la prétention d'une généalogie exhaustive ou d'une histoire objective. Au fil de ces pages, à travers le prisme de ma sensibilité et grâce à des témoignages de mes ancêtres, vus avec leur propre subjectivité,ou bien de contemporains qui ont vécu des évenements avec eux, vous allez découvrir ou redécouvrir des façettes passionnantes de cette famille composée d'hommes et de femmes, faits avant tout de chair, de sang et de convictions avec, souvent, en toile de fond, les tumultes de la guerre. 800 pages leur sont consacrés sur cinq continents et dix siècles d'histoire.

"Chaque homme est une histoire qui n'est identique à aucune autre "(l'homme cet inconnu)    

Alexis Carrel

 

 

 

 

En partant de la gauche vers la droite de haut en bas

-Charles Goybet General de Division (1825-1910).
-Fort Goybet à Damas
-Victor Goybet General de Division (1865-1947)
-Perre Goybet Contre Amiral (1887-1963)
-Mariano Goybet General de Division (1861-1943)
-Marie Bravais (1836-1913) et son mari Jules Goybet industriel ( Fils de Louise de Montgolfier et D'Alexis Goybet ) (1823-1912) qui encadrent Le Chevalier Pierre Adrien Goybet, Chef de Bataillon (1922-1995)
-Théodore Lespieau General de Division (1829-1911).
-Henri Goybet Capitaine de vaisseau (1868-1958)
-Tableau " La vierge du Vietnam" de Pierre Adrien Goybet.
-Antoine Goybet Premier Maire de Yenne (1787-1867).

 

INTRODUCTION
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En introduction voici l’article qui servit de base à l’article encyclopédique de wikipedia sur le Général Mariano Goybet qui a été rédigé par Henri Goybet son arrière petit fils. Comme Mariano Goybet est un peu le fil conducteur de ce site et que ce site est dédié en hommage à celui-ci , il m’a paru intéressant de rentrer directement dans le vif du sujet , quitte à ensuite dans une première partie évoquer la généalogie familiale en détail avec ses alliances, puis dans une seconde partie d’apporter des informations détaillées sur des membres de cette famille en retraçant parfois le contexte historique et en utilisant dans la mesure du possible des matériaux vivants , tels que le journal ou les lettres d’un capitaine à Sebastopol ; d’un officier de marine au XIXème siècle ; d’une arrière grand mêre qui mène la dure vie de femme d’officier en Afrique ; d’un avocat qui voyage au temps des diligences en Italie et s’y rend pour une entrevue avec le pape, d’un général qui savoure sa victoire à la suite de la prise de Damas et puis la vie d’un superieur de St Sulpice , seigneur de Montreal dans les années 1760-1790, etc ……



Mariano Goybet (Mariano Francisco Julio Goybet, Saragosse le 17 août 1861-1943) est un général français. Il est grand officier de l'ordre de la Légion d'honneur.



I ) L'ENFANCE DE MARIANO DANS L'UNIVERS FAMILLIAL

Mariano Francisco Julio nait à Saragosse le 17 août 1861.Il est baptisé à Notre Dame del Pilar. Petit-fils d'Alexis Goybet et de Louise de Montgolfier, il est fils de Pierre Jules Goybet industriel (1823-1912) et Marie Bravais, nièce du physicien Auguste Bravais. Par son père, il descend d'une vieille famille savoyarde (XIVe siècle). Ils devinrent notaires et châtelains de Yenne puis furent commerçants, industriels et militaires. Ils s'allièrent avec la meilleure noblesse locale. Les Goybet descendent de Louis VIII par les Artois, Grailly-Foy, Echalon, Gruel, Bavoz et Belly.Une branche fut d'ailleurs anoblie en 1758 et porta le nom de Goybet de Lutrin de Grilly. Claude François Goybet de Lutrin de Grilly fut intendant du Chablais et du Genevois.

Armes : "d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois étoiles d'argent en chef et un croissant du même en pointe."

On notera que Charles Dullin (1885-1949) Acteur, créateur et directeur de théâtre descend des Goybet.




Alexis Goybet son Grand père : Alliance avec les Montgolfier



Le Grand père de Mariano est Alexis Goybet (1786-1854)qui épouse Louise de Montgolfier petite nièce des célèbres inventeurs Joseph et Etienne De Montgolfier . Il travailla dans le négoce Lyonnais. Ci-après quelques membres de cette famille illustre dont Mariano et les Goybet portent les gènes.



-Pierre de Montgolfier (1700-1793) Père des inventeurs issu de la plus ancienne famille de papetiers d'Europe est l'ancêtre direct de Mariano. En lui donnant ses lettres de noblesse Louis XVI écrit "Ayant reçu de ses parents une papeterie située à Annonay dans le Vivarais, il l'a rendue par ses soins et son intelligence l'une des plus considérables du Royaume"



-Etienne Montgolfier (1712-1791) frère de Pierre fut Supérieur des Sulpiciens au Canada et à ce titre Seigneur de l'ile de Montréal. Il fut aussi Grand Vicaire Général du Québec et même proclamé évêque du Québec. Il défendit les convictions religieuses et la culture française de la communauté contre les invasions anglaises et américaines.




-Marc Seguin (1786-1875) neveu des inventeurs est lui même l'inventeur de la Chaudière Tubulaire, du bateau à vapeur, de techniques de ponts suspendus (Le "Golden Gate" est issu de ses techniques), créateur de la première ligne de chemin de fer de France. Son petit-fils est inventeur du moteur "Gnome" qui permit à Henri Fabre de doter la France de nouveaux records.



-Adrien de Montgolfier (1831-1896), fils du frère de Louise fut le parrain du fils Adrien de Mariano Goybet (tué à l'ennemi en 1915). Député de l'assemblée nationale; Senateur de la Loire; administrateur des compagnies de Chemin de Fer, Paris, Lyon, Méditerranée; Directeur général des Forges et Aciéries de la Marine en 1870;Administrateur des Usines franco-russes. Commandeur de la Légion d'honneur.




Pierre Jules son père



Pierre Jules (1823-1912), son père fit ses études au collège des Jésuites de Fribourg, fut emmené à 16 ans par son oncle Augustin de Montgolfier dans son usine de Torero près de Saragosse ou il introduisait la fabrication du papier en Espagne. Il dirigera ensuite une entreprise de construction de machine à vapeur près de Saragosse. Nommé Chevalier et membre du conseil supérieur de l'industrie par la reine d'Espagne. Il avait reçu le grade de lieutenant d'artillerie dans la milice. Naissance de Mariano à Saragosse en 1861.
La famille rentre en France en 1862 en raison de l'état de santé de la belle mère de Pierre Jules et reste quelques temps à Annonay ou naquit Constance, puis Pierre Jules est nommé principal de l'Ecole professionnelle de la Martinière ou il demeura 16 ans logé dans l'établissement. Henri et Victor naquirent là.





II ) PREMIERES ETUDES




Mariano commença ses classes près de Saint-Jean, puis à Ecully, puis au grand lycée de Lyon où il fut reçu au baccalauréat avec la mention Bien. Ce fut ensuite la rue des postes et reçu en 1882 aux Chartreux de Lyon. Il y fut sergent.

Ci joint notes de la compagne de Mariano
:"Dès l'enfance il a aimé la lecture et les arts de sorte qu'en arrivant aux classes intelligentes, il se trouva savoir quantité de choses et remporta presque tous les prix. Artiste il l'était en tout … Il était réellement poete, dessinait et peignait avec un goût et une sureté rares et quelle imagination dans ses croquis."




III) PREMIERES ANNEES DE SERVICE





Suite à l'Ecole militaire de Saint-Cyr en 1884 dont il en sort 21ème de l'infanterie, il est promu sous-lieutenant à sa sortie. Il est affecté au 2e régiment de tirailleurs algériens. Il épouse la fille de son général, Marguerite Lespieau.
Il est ensuite nommé lieutenant au 140e régiment (d'infanterie alpine ?), à Grenoble. Il est ensuite reçu à l'École de guerre, d'où il sort en 1892 avec la mention très bien. Il est employé à l'état-major de la 27e division d'infanterie. Promu capitaine en 1893, il est nommé en 1896 officier d'ordonnance du général Zédé, gouverneur de Lyon.
Il fait ensuite son stage de commandant de compagnie en 1899 au 99e régiment d'infanterie à Lyon et à Gap. Après un passage à l'état-major du gouvernement de Briançon, il est promu chef de bataillon au 159e régiment d'infanterie qui portait le béret alpin. En décembre 1907, il prend le commandement du 30e bataillon de chasseurs alpins, poste qu'il conserve quand il est promu lieutenant-colonel.
Alpiniste et skieur, le lieutenant-colonel Goybet profita de son séjour prolongé dans les Alpes pour faire de nombreuses ascensions, soit seul, soit avec sa troupe : Mont Blanc, Grande Casse, La Meije, Pelvoux, etc.




IV) PREMIERE GUERRE MONDIALE



1) 1914 : Les troupes Alpines



Au déclenchement de la guerre en août 1914, le lieutenant-colonel Goybet et le groupe alpin qu'il commande 30 CH .1ere Bie du 1er R.A.M. sont affectés au front des Vosges. Les premiers combats en Alsace sont victorieux : Satel de Munster - Reichsacker-Kopf (14 août), Gunsbach (19 août]]), Logelbach (22 août), prise du convoi d'une division d'infanterie bavaroise au col de Mandray (24 août). Placé à la tête du 152e régiment d'infanterie, il remporte de nouveaux succès en Alsace : Gunsbach (29 août), Reichsacker-Kopf (3 septembre), puis dans les Vosges, au nord de Saint-Dié (LOrmont et Spitzenberg, les 11 et 17 septembre).
Il est promu au rang de colonel et reçoit le commandement de la 81e brigade (152e RI, 5e et 15e bataillon de chasseurs à pied (B.C.P.). Il est de nouveau affecté en Alsace, dans la vallée de Thann. Ses troupes prennent Steinbach (25 décembre 1914 au 3 janvier 1915).

Citation à l'ordre de l'armée
Comme Cdt du 30e B.C.A.
Ordre de la 1ère Armée n°44 du 17 septembre 1914
Le général commandant la 1re Armée cite à l'ordre de l'Armée :



Le lieutenant-colonel Goybet, commandant le 30e groupe alpin a montré au feu les plus grandes qualités militaires. Ayant perdu son fils mort au champ d'honneur sous ses ordres le 19 août, a donné à tous le plus bel exemple de dévouement patriotique et de force d'âme en continuant à remplir tous ses devoirs de chef dans des circonstances difficiles, avec le même sang froid et la même lucidité d'esprit .
Le général commandant la 1re Armée
Signé : Dubail





2) 1915 : Sous le feu des combats




Le colonel Goybet passe toute l'année 1915 à combattre à l'Hartmannsweilerskopf, à l'Hilsenfirst et au Linge. Il est blessé deux fois : à l'Hartmannsweilerskopf en avril, où il fut soigné à l'ambulance de Moosch, et en décembre, où il fut évacué sur l'intérieur. À peine guéri, en mars 1915, le colonel Goybet rejoint le 98e régiment d'infanterie (qui appartient à la 50e brigade et à la 25e division d'infanterie) devant Verdun.
À l'automne, sa division est transportée dans le nord où se déroule la bataille de la Somme. Le colonel Goybet est nommé au commandement de la 50e brigade (attaques de Chaulne et du pressoir, les 9 et 10 novembre).



Citation
Comme Cdt de la 81 eme Brigade
Ordre n° 13.983 'D'
Le Marechal de France Commandant en Chef les Armées Françaises de l'Est, cite à l'ordre de l'Armée.
M. Goybet Mariano, colonel commandant une brigade d'infanterie :
" A montré les plus belles qualités de Chef aux combats de l'ORMONT et du SPITZENBERG, en septembre 1914 et aux attaques de Steinbach et de la Région Vosgienne au cours de l'hiver 1914-1915. Blessé en avril 1915."
Au Grand quartier général, le 5 mars 1919 Le Maréchal Commandant en Chef les armées de l'Est
Signé : PETAIN





3) 1917 : Verdun



Au début de 1917, le colonel, à la réorganisation de l'infanterie, prend le commandement de la 25e division d'infanterie (16e, 98e et 105e régiments d'infanterie). Il occupe le secteur de Plessis-de-Roye-Lassigny. Au moment du recul stratégique de l'ennemi, il mène des opérations de poursuite jusqu'au canal Crozat (16 au 23 mars 1917), puis devant Saint-Quentin (3 au 17 avril). Au mois d'août, sa division prend part à la deuxième bataille de Verdun. Le 20, ses hommes s'emparent des bois d'Avocourt après de violents combats.
Après un court séjour dans la forêt d'Argonne, sa division va occuper le secteur des Bezonvaux ou elle repousses des contre-attaques allemandes preque quotidiennes. En décembre, le colonel Goybet est nommé général.



Citation
Comme Cdt de de l'I.D. 25
Le General Cdt la 11 ème Armée cite à l'ordre de l'armée le Colonel Goybet Mariano Cdt de l'I.D. 25

"A, le 20 Aout 1917, enlevé tous les objectifs qui lui étaient assignés et a fait de nombreux prisonniers, pris un important matériel et repoussé plusieurs contre-attaques ."
Signé Linder






4) 1918 : Vers la Victoire avec les Red Hand







a) La division franco-américaine héroïque



La 25e division d'infanterie est affectée au printemps au secteur du Morthomme. Le général Goybet y reçoit en mai un télégramme du quartier général l'appelant au commandement de la 157e décimée près du Chemin des Dames. L'infanterie de la 157e division d'infanterie fut reconstituée avec le 333e régiment d'infanterie et les 371 et 372 Eme Régiments Américains noirs (division "main rouge "Red Hand" ).

Les Unités de Gardes nationaux qui étaient le noyau du 372e régiment étaient composées des plus vieux Bataillons de noirs dans le pays avec des racines qui remontaient jusqu'à la guerre civile. Ces troupes dites 'loyales' assuraient la défense de Washington et du Capitole.

La 157e allait occuper le secteur de la forêt d'Argonne- Vauquois côte 304, jusqu'au moment ou elle fut appelée à participer avec la IVe armée à l'offensive générale en Champagne. Le général Goybet, par de violentes attaques, rompt le front ennemi devant Monthois, fait de nombreux prisonniers et s'empare d'un matériel considérable. La 157e va ensuite occuper les Vosges devant Sainte-Marie-les-Mines.




b) La Distinguished Service Medal des Américains et Honneurs Français




Citation pour la Distinguished Service Medal


Commandement des forces americaines Cabinet du cdt en chef
Mon cher général, le président m'a délégué pour vous conférer la Distinguished Service Medal au nom du gouvernement des États-Unis. Comme commandant de la 157e DI,371 et 372e RI vous avez été l'un des facteurs importants de la victoire des allies par votre brillante conduite et votre haute technicité. Les officiers et les soldats de la 157e 371 et 372 RI considèrent comme un grand honneur d'avoir servi sous vos ordres dans les opérations que vous avez conduites en Champagne et dans les Vosges.
Signé General Persing



Citation du Général Gouraud


Le 23 Janvier 1919
Ordre Général N° 1599
Le Général commandant la IV ème Armée cite à l'ordre de l'Armée :
General de Brigade Goybet Mariano Francisco julio commandant la 157ème Division :
" Remarquable officier général, plein de vigueur, d'entrain et d'une foi communicative."
"A pris le commandement de sa division, au moment même de sa réorganisation avec des régiments Noirs américains . Grâce à son action très personnelle, à son activité inlassable et à son tact parfait, a réussi à transformer en quelques mois cette grande unité nouvelle en un splendide outil de combat."
"Au cours de la rude batille de Champagne, du 27 Septembre au 6 octobre, a réalisé avec sa division une glorieuse avance en chassant l'ennemi de positions successives ardemment défendues , en s'emparant de nombreux prisonniers, de canons et d'un matériel considérable."Le général commandant la IVème Armée "
Signé Gouraud




c) Reconnaissance de Mariano à ses troupes




Citation émise par le général Goybet

157 Th Division H.Q. October 8 th, 1918
Etat-Major GENERAL ORDER NO. 234
"i am proud to forward you herewith the thanks and congratulations of General Garnier-Duplessix and i want at the same time , dear friends of all ranks Americans and French , to tell you as your leader and as soldier, from the bottom of my heart how greatful i am to tell you all for the Glory you have acquired for our splendid 157 TH Division.
"
"I had the utmost confidence in you all ; you have stood up to in beyond all my expectations ."
" In these nine hard days of battle you have pushed ahead for eight kilometers , through powerfull enemy organizations, captured close to 600 prisoners, taken 15 guns light and heavyy, 20 Infantry Mortars, close to 150 Machines Guns and a very important supply of Engineer material and Artillery ammunition, and brought down by rifle fire 3 Aeroplanes . The Red Hand, emblem of this division , is now in truth a blood reeking hand . I grappled the Boche at the throat and made him yell for mercy . Our glorious comrades who died are well avenged."

General Goybet, Commanding the 157 th Division.




Citation émise par le général Goybet



157 th Division Etat major
Ordre général n°245
Le 12 décembre 1918, le 371 et 372 RI ont été placés à la disposition du haut commandement americain
"Avec un profond sentiment d'émotion de la part de la 157ème Division et en mon nom personnel, je viens faire mes adieux à nos braves camarades. Durant 7 mois, nous avons vécu comme des frères d'armes, S'associant dans les mêmes actions, partageant les mêmes épreuves et les mêmes dangers. Cote à cote, nous avons participé dans la grande bataille de Champagne qui a été couronnée par une formidable victoire."
"La 157ème Division n'oubliera jamais l'indomptable énergie, la charge héroïque des regiments Americains sur la crête d'observation et dans les plaines de Monthois. Les défenses les plus puissantes, les bastions les plus fortement organisés, les barrages d'artillerie les plus lourds, rien ne pouvait les stopper. Ces régiments extraordinaires surmontèrent tous les obstacles avec le plus grand complet mépris du danger, avec leur dévouement permanent."
La division "main rouge" pendant 9 jours de combat violent fut constamment un modèle d'exception pour l'avance victorieuse de la 4e Armée."
"Officiers, sous officiers, et soldats, je salue respectueusement nos soldats qui sont tombés, et je salue vos couleurs, cote à cote avec le drapeau du 333 Regiment d'Infanterie, ils nous ont montré le chemin de la victoire. Chers amis d'Amerique, quand vous serez de retour de l'autre coté de l'océan, n'oubliez pas la division "main rouge"."
"Notre fraternité a été cimentée dans le sang des braves et un tel lien ne sera jamais détruit."
"Souvenez vous de votre Général qui est fier de vous avoir commandé et soyez sur de sa reconnaissance éternelle."

Général Goybet
Commandant la 157 eme DIVISION
traduit par henri Goybet du livre de E.J. SCOTT the American negro in the world




d) Reportage du NEW YORK HERALD décembre 1918



" Les combattants américains au nombre de 3000 étaient avec la fameuse "division main rouge". Ils sont devenus des héros sur beaucoup de fronts de bataille et se trouvaient dans les montagnes des Vosges quand l'armistice fut signée."
Témoignage du sergent WM Hendrey de la 372 eme d'infanterie à l'armistice.
(source E.J Scott). traduction Henri Goybet

"Une des scènes les plus incroyable, dont j'ai pu être témoin, fut aujourd'hui à 11H05. L'orchestre du régiment jouait la Marseillaise, "the star bangled" et "god save the king". Dès que les dernières notes se turent, de joyeuses acclamations par l'ensemble des soldats et des civils, étaient presque assourdissant. Des hommes âgés sautaient et jetaient leurs chapeaux, les femmes dont le cœur était lourd d'un épuisement, causé par une guerre implacable, agitaient leurs mains et exultaient de joie et les enfants gambadaient joyeusement à travers les rues. Les cloches et les carillons à l'église qui étaient précédemment silencieux, envoyaient leur bruyante résonnance à toute volée. En effet, ces sonneries étaient des messages de joie. Au même moment, l'orchestre attaqua une marche endiablée et entonna sa marche dans les rues accompagnée par " Old Glory". Le régiment de couleur et les soldats americains et français. La scène était un beau mélange de couleurs Les Khakhi et les bleu. C'etait comme s'ils voulaient s'unir comme une grande famille pour célébrer les glorieux évènements et voir le reflet de leur propre allégresse sur les visages de leurs compagnons d'arme. Les rues étaient emplies d'une forte émotion et d'une bouillante abondance d'humanité. Il me semblait que la fraternité des tranchées appelait la fraternité des hommes."
Fin




e) Discours du Président Roosevelt (10-1918).




Extrait du discours Américain de l'ancien Président THEODORE ROOSEVELT à Carnegie Hall, New York (traduction Henri GOYBET) le 2 novembre 1918 sur la part des troupes Noires dans la guerre.

" Et bien je remerçie le ciel, nous y sommes allé, et nos hommes de l'autre coté, nos fils et freres de l'autre coté, hommes blancs et noirs, soldats blancs et soldats de couleur ont été si actifs que chaque Américain, maintenant peut marcher en levant la tête et regarder le citoyen de chaque autre pays dans le monde , droit dans les yeux et nous avons la satisfaction de savoir que nous avons joué la part décisive . Je ne dis pas cela dans un esprit d'autosatisfaction, si chacun d'entre vous m' a écouté parler durant les 4 dernières années, vous savez que je ne me suis pas adressé au peuple Americain à la recherche d'éloges."
"Mais Sans autosatisfaction, nous pouvons dire que c'etait notre action qui a pesé le plus pour la liberté et contre la plus dangereuse tyrannie que le monde n'ait jamais vu. Nous avons agi comme de vrais amis de la liberté par notre action."
"Je félicite tous les hommes et femmes de couleur et tous leurs camarades blanc américains sur la vaillance et l'efficacité avec laquelle les hommes de couleur se sont comporté au front et l'efficacité et la détermination de rendre service qui a été montré à l'ensemble des hommes et des femmes de couleur derrière eux dans ce pays. "

Theodore Roosevelt



Mariano Goybet entretenait une amitié avec rudyard Kipling Site parlant des "red Hand"
Pendant la guerre, il avait reçu 2 blessures, 4 citations à l'ordre de l'Armée, la rosette d'officier de la Légion d'honneur et une proposition pour Commandeur, l'ordre du bain de Anglais, la distinguished service medal des Americains ; la croix de commandeur de l'aigle blanc avec glaives lui fut remis à Strasbourg par le roi de Yougoslavie.





V ) UNE EXIGENCE DOUBLEE D'HUMANITE




Ci Joint note de sa compagne


" Mon mari a su s'occuper avec la plus stricte régularité de son métier et de tout ce qui en découle . Comme officier à l'Etat-major, il a compris toutes les questions à en étonner ses chefs. Chef lui même au 159ème, au 30ème Bataillon de Chasseurs pendant la guerre, nul n'a eu plus soin de ses hommes." "Il me souvient qu'en 1912 un controleur fut si émerveillé de la manière dont le 30ème Bataillon était tenu qu'avant de quitter Grenoble, il en écrivit au ministre… Ce qui valut à ce beau Bataillon d'aller à Paris représenter les Chasseurs à la revue du 14 juillet. Mon mari excellent skieur accompagnait toujours ses chasseurs et accomplit avec eux des prouesses alpines étonnantes dans les endroits les plus difficiles et sans accident, tout étant prévu."
" S'il avait un malade grave nous le devinions de suite : Un jour ma fille le voyant préoccupé à l'excès d'un chasseur hospitalisé lui dit :
-Mais enfin papa ce ne sont pas vos enfants ." -" Si" répondit il et c'était vrai !
"Pendant la guerre il n'hésitait pas à traverser deux fois par jour des champs arrosés de marmites pour aller auprès de ses blessés. Il marchait au feu à coté de ses hommes. Deux fois blessé à la jambe, il ne quitta pas le front la première et bien peu la seconde. Il écourtait toujours ses permissions pour retourner au danger. "
Madame Mariano Goybet


Notes d'Henri Goybet son arrière petit fils concernant les Red Hand


"Le Souvenir de Mariano et des fameux Red Hands est toujours bien vivant aux U.S.A. Respect mutuel entre le Général et des Americains qui se souviennent qu'il a traité comme il se devait des êtres dignes qui imposent le respect pour avoir risqué leur vie."
"Il a notamment traité plus dignement les troupes noires qu'il avait sous ses ordres que ne l'avaient fait les militaires Americains qui les commandaient auparavant . Le fait est avéré. Le Quartier Général Americain a reçu beaucoup de télégrammes du Général Goybet applaudissant la conduite de ces soldats.

Grand humaniste il les considérait comme des frères d'armes et les tenait en haute estime. Il ne regardait que leur bravoure et leur apreté au combat." En défendant la liberté de tous avec leur sang et en y mettant tout leur coeur, ils ont heurté les consciences et ils ont montré qu'ils étaient pleinement citoyens Américains et citoyens du monde."



constant souci de la reconnaissance de ses troupes.



Par lettre du 14 Mai 1932 il avait appuyé une demande formulée par le Général Perry L. Miles de l'armée des Etats Unis tendant à accorder aux ançiens soldats du 371e R.I.U.S. l'autorisation de porter la médaille Commémorative Française de la Grande Guerre. Cette demande était adressée au ministre de la Guerre.



Ses troupes le reconnaissait



Extrait de la lettre du général Perry L. Miles du 13 novembre 33 commandant le 371 ST Infantry.
Headquarters sixteen Brigade Washington D.C.

"Naturellement nous avons pensé à vous et parlé de vous plusieurs fois à notre diner annuel. Nous avons fait signer nos programmes par ceux présents. Ci inclus votre programme."
"Vous imaginez qu'il est orné de la reproduction de votre Fanion de division que vous nous avez si gracieusement offert."
"Ils ont tous été très fiers de la main rouge et ils le restent. Ils restent aussi fiers de leurs services à la 157ème Division Française et de leur chef distingué "Notre général"
Cette année certains de nos officiers ont voyagé plus de 700 milles pour atteindre Washington et assister à notre réunion."
"Avec mes meilleurs voeux et appréciation de votre amitié et de la façon dont vous nous avez commandés, Je suis votre ami et admirateur. "
Perry L. Miles




Après l'armistice et la dissolution de la 157ème D.i., le Général Mariano fut choisi par le General Hirchshauer, gouverneur militaire de Strasbourg comme Général Adjoint, commandant de la place (Dec.1918-mars 1920.)




VI) L’ENTRE DEUX GUERRES




1) Sur les traces de T. E. Lawrence dit "Lawrence d'Arabie"


Le Général Gouraud haut commissaire de la R.F. en syrie fit venir le Général Goybet pour lui donner le commandement d'abord de la brigade mixte du littoral puis de la 3 eme D.I. de l'armée du Levant . Marche sur Damas du Général Goybet le 24 Juillet 1920 à peine plus d'un an après après l'entrée à Damas De T.E. Lawrence et du général Anglais Allenby.



a) Situation Géopolitique à Damas(1918-1920)




La révolte Arabe (1916-1918) commencée en 1916 avec Hussein poursuit son avancée vers Damas.Elle est lançée pour obtenir l'indépendance de l'Arabie de l'Empire Ottoman. T.E. Lawrence aide les arabes dans ce combat aux cotés de Faycal.Les Anglais appuient le mouvement avec les troupes anglaises du Général Allenby.
1er Octobre 1918, prise de Damas ou Lawrence entre aux cotés de Faycal fils d'Hussein. A Damas . Il est promu au grade de Colonel . Il bénéficie d’un immense prestige , qualifié abusivement par le who’s who de « prince de la Mecque ». Ce prestige pèsera peu face à l’intérêt des puissances.

"Nous avons , je crois changé le cours de l'histoire dans le Proche-Orient.Je me demande comment les grandes puissances laisseront les Arabes faire leur chemin."


T.E. Lawrence 14 octobre 1918


L’entrée des troupes anglaises le 1er octobre sous le Commandement du Général Allenby en 1918 à Damas, puis celle de Fayçal le 3 oct., est humiliante pour la France après plusieurs siècles d’influence et de protectorat religieux au Levant. Cette victoire anglaise qui réveille de vieux antagonismes entre les alliés de la veille est due à la présence sur le terrain d’une force militaire considérable, un million d’hommes, qui témoigne de l’ampleur de l’engagement britannique en Orient, contre de maigres effectifs entretenus par la France dans la région.



Quoiqu’il en fut, Allenby et Fayçal se rendirent le même jour à Damas le 3 octobre, et firent connaissance à l’hôtel Victoria en présence de Lawrence. Un jour auparavant, soutenu par les nationalistes et politiciens damascènes locaux, Ali Riza Rikaby avait repris le contrôle du gouvernement militaire arabe des mains de Choukri Pacha al-Ayoubi, proclamé gouverneur provisoire deux jours auparavant. On avait alors hissé le drapeau chérifien et la nouvelle administration arabe avait proclamé son allégeance à Hussein en tant que roi de tous les Arabes.


- 11 novembre 1918, retour de Lawrence à Londres ou il propose la création de 3 royaumes arabes ; la Syrie serait attribuée à Faycal. - 8 janvier 1919 Conférence de Paris ou Lawrence assiste Faycal. Les promesses faites aux arabes se heurtent aux intérèts Franco-Britanniques pour le partage du Proche Orient. Pour protester en Mars Lawrence décline l’honneur de recevoir l’ordre du bain.



Durant l’absence de Faysal en Europe s’occupant à défendre en vain les intérêts arabes contre la détermination française, abandonné par ses alliés britanniques, son pouvoir en Syrie avait faibli. Les critiques contre lui devenaient virulents, surtout après l’accord Fayçal-Clémenceau à Paris le 9 janvier 1920. Débarrassée de son allié rival britannique, la France a les mains libres sur le terrain. Sa politique en faveur de la création d’un grand Liban, ainsi que sa volonté de contrôler l’ensemble de la Syrie, rend inévitable à terme la confrontation avec Fayçal. Le 8 octobre 1919, le général Gouraud est nommé Haut-commissaire en Syrie-Cilicie, et les troupes françaises commencent à relever les Britanniques au Liban et sur le littoral syrien.



À partir de cette date, la situation se dégrade en Syrie et les nationalistes radicaux décrètent la mobilisation générale. Le 8 mars 1920, le Congrès arabe réuni à Damas, rejetant les accords Fayçal-Clémenceau, proclame unilatéralement l’indépendance et la création d’un royaume arabe syrien dans ses frontières naturelles, y compris la Palestine, et Fayçal comme roi de Syrie. Mais en avril 1920, la conférence de San Remo en Italie, confirmant les accords Sykes-Picot modifiés (accords sur les pétroles), donne à la France les mandats sur le Liban et la Syrie, à l’Angleterre les mandats sur la Palestine, la Syrie du sud (Transjordanie) et l’Irak.



La tension est à son comble en Syrie et au Liban, les incidents se multiplient. Le 14 juillet 1920, le général Gouraud lance un ultimatum à Fayçal. Le 24 juillet 1920, la colonne française commandée par le général Goybet marchait sur Damas.




b) Chez le Marechal Allenby par Mariano Goybet(25-03-1920)





Notes de Mariano en transit au Caire appelé par Gouraud en Syrie : sa rencontre avec le maréchal Allenby le 25 mars 1920 qui ne manque pas d'intérêt.


"En sortant du Musée (du Caire), visite au maréchal Allenby. La résidence est une belle demeure toute blanche, au milieu d’un vaste parc, dont les Gazons très Anglais descendent jusqu’au Nil . Un capitaine de Lanciers du Bengale me conduit au Maréchal qui me reçoit fort aimablement et veut bien m’inviter à déjeuner. A 13h30, je suis introduit au salon ou je suis reçu par une amie de la maison , la baronne De Lagrange, aimable Française qui s’est occupée pendant la guerre, d’œuvres charitables et voudrait faire maintenant de la propagande Française dans le Proche-Orient. C’est elle qui me présente à Lady Allenby charmante femme à tous égards qui veut bien me faire le meilleur accueil . Elle parle Français comme une parisienne. D’ailleurs, à la résidence, il semble que tout le monde peut s’exprimer dans notre langue."


"Promenade dans le parc , après déjeuner . Le Maréchal va nourrir de sa main deux immenses échassiers à becs formidables qui ressemblent d’une manière frappante ‘’ aux Adjudants’’ qui font la voirie à Calcutta ; si j’en crois du moins Kipling car je ne connais l’Inde qu’à travers les vivants récits de mon auteur de prédilection. Le Maréchal me conduit ensuite dans son bureau. Là en tête à tête , devant des cartes allant de la Mecque à Damas, mon hôte illustre me fait connaître sa pensée sur la situation assez confuse du Proche-Orient ."


"Je soupçonne que le Haut- Commissaire en Egypte ne serait pas fâché de déposer dans le cerveau d’un Général Français, appelé à devenir un des collaborateurs du Général Gouraud, un peu de bonne semence Anglaise. Quoi d’étonnant à ce que cette éminente personnalité, qui me parait d’ailleurs un franc et loyal soldat, cherche à parler en faveur de son pays et des amis ou des créatures de son pays ? J’avais dit au Maréchal que j’arrivai directement de Strasbourg, sans aucune donnée précise sur la situation actuelle en Syrie. Cela me limitait tout naturellement au rôle d’un auditeur attentif et muet. L’entretien, ou plus exactement la conférence, commença par un exposé très clair et très complet des questions politiques dans le Hedjaz, l’ Iemen et la Région Transjordanienne . Le Maréchal insista sur les liens de réelle vassalité ou d’amicale alliance qui existaient entre les différentes tribus ou grandes familles habitant ces régions et le Roi Hussein et ses fils . Et l’on voyait assez bien à travers ses paroles, cette famille de rois ou de futurs rois, créatures de l’Angleterre, tendant la main à l’Emir Faycal installé par les Anglais à Damas, dans le but plus ou moins avoué de dominer l’Est Syrien et de resserrer de plus en plus les Français dans la zone libanaise . Comme péroraison -- à répéter sans doute à qui de droit -- ‘’ L’Emir Faycal , à la tète des Bédouins de son père, a rendu des services aux alliés pendant l’expédition de Palestine . Il a de légitimes ambitions et il tient à ne pas être déçu dans ses espérances . Il serait sans doute dangereux de le pousser au désespoir . ‘’."


"Avant de lever l’audience le Maréchal me charge de ses cordiales amitiés pour le Général Gouraud, qu’il serait heureux de recevoir au Caire. Il compte bien lui voir faire ce voyage et il lui réserve un chaleureux accueil. En rentrant à l’hôtel, j’apprend que Monsieur Georges Clemenceau ‘’ Notre Tigre’’, retour des Indes vient d’arriver au Caire. Cette nouvelle réjouit tous les officiers présents, car nous n’avons pas encore oublié ce que l’Armée victorieuse doit au glorieux Vieillard . Je m’empresse d’aller me faire inscrire au Shéphéard’s Hôtel ou il est descendu."




c) Le Roi FAYCAL




Tiré des notes de Mariano

"A Damas, l’Emir a pris la couronne royale, il augmente le nombre de ses divisions, il mobilise, il défend l’usage de la monnaie Syrienne, il empêche les blés du Hauran de venir dans notre zone , il gène, par tous les moyens possibles, le commerce entre le Liban et les territoires chérifiens , il met de multiples entraves à mes ravitaillements par la voie ferrée vers le Nord. Bien mieux , enhardi par notre apparente inertie, il achète soit par des promesses, soit par des napoléons , la conscience élastique de personnalités syriennes qui doivent aller en Europe demander du secours en faveur de la Syrie tyrannisée par la France. Cette perfide machination disons- le tout de suite, échoua complètement grâce à l’habileté du service de la sûretè du Haut-commissariat, grâce aussi à la vigilance des postes de la 3e division qui arrêtèrent les autres suspects et cueillirent à temps les missionnaires de Faycal."

"En haut lieu on envisage la nécessité d’avoir un puissant groupement de forces prêtes à repousser une offensive peu vraisemblable d’ailleurs, malgré les rodomontades Damascaines , soit, plutôt , à porter dans l’Etat la menace de nos obus. C’est une division qui sera éventuellement chargée de ces opérations et nous allons examiner quels seront les moyens mis à ma disposition."




d) Sur le chemin de Damas




Décidé à en finir avec la duplicité de l'Emir Faycal, le général Gouraud donna l'ordre au Général Goybet d'attaquer l'armée Chérifienne avec sa D.I. et d'occuper Damas peu après le passage de T.E._Lawrence dit Lawrence d'Arabie.

La colonne du général Goybet comprenait d’importants effectifs : infanterie constituée surtout de bataillons et de régiments sénégalais et marocains, batteries de 75 et de 155, sections d’auto-canons et d’automitrailleuses, deux formations de chars d’assaut, des compagnies de génie, de l’aviation ainsi que des éléments de réserve.
Les effectifs chérifiens sont les suivants:
- 1300 hommes avec 8 canons pres de Medjel and-jar - 1800 réguliers et bedoins avec 3 canons à Khan meisseloun et Aîn Djedeidé - 1800 Hommes avec canons vers voie férrée de Damas.


Après avoir traversé le liban et l'anti-Liban, la 3ème D.I. livra un violent combat à Khan Meiseloun; victorieux, le Général Goybet fit son entrée à DAMAS, le 25 juillet 1920, déposa l'Emir Faycal, pacifia le Hauran révolté et exerca le commandement du territoire de Damas, jusqu'a sa mise au cadre de reserve, le 17 août 1921. Il revint en France Commandeur de la Légion d'Honneur et titulaire d'une 5 eme citation à l'ordre de l'armée, de la croix de guerre des TOE et de la médaille de Syrie. Le 30 juin 1923, il fut nommé général de division.
Le fameux Lawrence d'Arabie avait fait l'impossible pour que les arabes liberent eux mêmes la Syrie, afin de mettre les alliés devant le fait accompli. En vain, c'est à coup de canon que la colonne française du Général Goybet viendra chasser FAYCAL."(extrait de l'enquête sur l'histoire)(j'ajouterai que ni Alexandre le Grand ni les croisés avant lui n'ont pris cette ville de 400000 Ames capitale des Ommiades).



Citation


Citation du Général Gouraud commandant l'armée du levant suite à la prise de Damas par Mariano Goybet.


Ordre Général n°22
Le général est profondement heureux d'adresser ses felicitations au géneral Goybet et aux vaillantes troupes : 415 de ligne, 2eme tirailleurs algériens,11e et 10 eme tirailleurs sénégalais, chasseurs d'Afrique, régiment de spahi Marocains, batteries des groupes d'Afrique, batterie de 155, 314 Compagnie de chars d'assaut, groupes de bombardement et escadrilles qui dans le dur combat du 24 Juillet, ont brisé la résistance de l'ennemi qui nous défiait depuis 8 mois. Elles ont inscrit une glorieuse page à l'histoire de notre pays.
Aley le 24 Juillet 1920
signé Gouraud.



citation

Ordre général N° 80   :  Cdt en chef de l'armée du Levant
Le Général en chef cite à l'ordre de l'armée le Général Goybet Cdt la 3ème Division

Venu en Syrie , sur sa demande , a pris le commandement de la brigade du littoral au moment ou les intrigues chérifiennes suscitaient des troubles dans toute l'étendue de son territoire, et avec des effectifs réduits, a pu grâce a son inlassable activité en parcourant toutes les régions en effervescence , en coordonant les efforts des différentes colonnes, rassurer les populations et annihiler en grande partie les effets d'une propagande hostile.
Nommé au Commandement de la 3ème Division et chargé par le Général Commandant en chef des opérations sur Damas, a eu l'honneur d'entrer dans cette capitale à la tête de ses troupes victorieuses, au lendemain du combat de Khan Meiseloun.
A montré dans le Commandement de sa division le belles qualités de cœur, de sentiment du devoir et d'abnégation qui l'ont caractérisé pendant toute sa belle carriere.

Signé : Gouraud

Il obtient la croix de Grand Officier de la Legion d'honneur




2) La victoire de Khan Meiseiloun




Myriam Harry dans l'illustration du 21 AOUT 1920 dit ceci
Le combat extrêmement acharné dura 8 heures dans le fameux défilé long de 6 kilomètres . les Chérifiens avaient barré la route par un mur garni de mitrailleuses, croyant empecher le passage des tanks, mais les tanks se sont glissés dans le ravin entre le mur et la montagnee et , passant dans le bled, ils sont montés à l'assaut de la crête suivis par les fantassins du 415 eme, les algériens et les Sénégalais marocains, lancés à tout galop, enveloppaient les positions d'un mouvement débordant. Et de la haut pleuvaient les obus, cinglait la mitraille. Plusieurs heures les tanks sont restés face à face avec les batteries et c'est seulement quand ils réussirent à mettre le feu aux caisses de munitions que les chérifiens lachèrent pied et s'enfuirent désemparés complètement par la mort du ministre de la guerre Asmy Bey, tué à son poste par un éclat d'obus..............
Un colonel commandant les arrieres gardes nous donne encore quelques détails. Quand l'armée en déroute est affluée vers Damas, le désarroi était absolu . L'émir Faycal et son frère s'étaient enfuis. Hier soir est arrivé ici le nouveau ministre de la guerre, déclarant au général Goybet que la ville était à sa merçi et n'opposait aucune résistance à ses troupes.
Le Général Goybet veut qu'on enterre Asmy Bey avec les honneurs militaires. "ce fut un remarquable officier Turc. Si vous aviez vu ses positions, organisées comme les nôtres, avec des batteries, des tranchées et reliés aux postes de combat par des fils téléphoniques! On se serait cru à la grande guerre. D'ailleurs tous les canons, tous les équipements venaient de chez les Boches, et toutes les caisses de munitions portaient l'inscription : Munitionen fur die Turkei...."
(Le témoin plus loin a rattrapé les troupes du Général Goybet.)
Nous sommes arrivés à temps. Des 2 cotés du Barada se développent les troupes Françaises, les premieres troupes européennes qui soient jamais entrées dans la capitale des Ommiades - Les croisés l'ont assiégée en vain - et devant l'ancienne caserne turque , le conquérant de Damas, le Général Goybet à cheval, regarde halé et rayonnant, défiler son armée victorieuse.


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