Les Goybet famille de notables et dangereux citoyens

DE GRANDS NOTABLES
------------------------------------------


Le maire de Yenne de ce moment [Le 2 avril 1848, jour de l'entrée à Yenne des Voraces, révolutionnaires lyonnais, en chemin vers Chambéry. - NDLR.] était un Goybet. Il nous faut consacrer à cette famille de notables la place qui lui revient.

Elle est fort ancienne : maître Claude Revardel dit Goybet était notaire royal à Yenne entre 1631 et 1665. Il était fils lui-même d'un notaire descendant vraisemblablement de propriétaires aisés signalés, dès le XVe siècle, dans la région. Un Claude-François fut intendant de Genevois au XVIIIe siècle. À Yenne même, Gaspard épousa une Courtois d'Arcollières, signe d'une aisance confinant à la noblesse. Louis-François fut châtelain d'Yenne. Alexis, d'une branche cadette, eut pour fils Charles (1759-1846), négociant à Lyon, qui fit entrer le domaine de Volontaz dans la famille et légua à la congrégation de charité et à l'école une somme considérable. Un de ses petits-neveux, neveu lui-même d'Augustin de Montgolfier, fut un industriel écouté en Espagne, d'où il revint diriger le collège de la Martinière à Lyon. C'est ainsi qu'est né à Saragosse en 1861 le général de division Mariano Goybet, commandant le 30e bataillon de chasseurs alpins (BCA) en 1914, grand officier de la Légion d'honneur, mort à Yenne en 1943. Son fils, mort aussi à Yenne en 1963, a atteint le grade de contre-amiral. En remontant un peu, on trouve, bien sûr, Charles-Louis Goybet, né à Yenne en 1825, élève de la Royale Académie de Turin, héros des campagnes sardes contre l'Autriche, chef d'escadron des lanciers de Florence en 1860. Il a opté pour la France au risque de ralentir son avancement - au moins sur le moment, car on le trouve général de brigade à 52 ans. Il finit inspecteur général de la cavalerie à Fontainebleau. Il est mort à Volontaz en 1910. Son père, Antoine, avait été maire de Yenne de 1836 à 1867, c'est-à-dire au moment de la tragi-comédie des Voraces. Ses frères avaient fini, l'un, Pierre, avocat à Chambéry et conseiller général, l'autre, Laurent, conseiller de préfecture à Nice et grand-juge de Monaco.

Il nous faut renoncer à citer beaucoup des membres de cette famille dont l'étude généalogique exhaustive de M. Henri Jaillard [Les Goybet de la vallée d'Yenne, août 1964. Pour une mise à jour de la généalogie, cf. aussi "famille Goybet", in la Gazette de l'île Barbe, n°s 11 et 39. - NDLR.] nous donne le détail. Elle nous révèle un monde d'officiers, d'ingénieurs, de marins, d'universitaires, qui, très attachés à leur origine, font honneur à la cité de leurs ancêtres.

'Histoire en Savoie, Revue de culture et d'information historique,

édition de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, n° 10, avril 1968, p. 7.



DE DANGEREUX CITOYENS

----------------------------------------------




Le Pierre « Goybet» cité ici est sans doute notre ancêtre (1750-1831), alors âgé de 43 ans, propriétaire et négociant, et ancien président du Conseil d'administration de l'hôpital d'Yenne (1793), qui aura ensuite été président de l'administration cantonale (an IV-an VI) et maire (1801-1815) d'Yenne. Son frère aîné Joseph (1746), 47 ans, était notaire royal à Yenne. Leur mère était née Belly, et Jacques Belly peut être l'un ou l'autre de leurs parents Jacques Belly (1768-1824), 26 ans, notaire royal à Yenne, et Jean-Jacques Belly (1756-1834), 37 ans.



Après floréal, le "Club révolutionnaire" fait prendre des informations sur la moralité des instituteurs, et demande à ces derniers d'enseigner les moeurs républicaines.

En septembre 1793, Pierre Goibet et Jacques Belly avaient fait l'objet d'une procédure ayant abouti à leur détention en maison commune à Chambéry.

"Les membres du comité de Yenne s'étonnent de la libération du nommé Pierre Goibet, de cette commune, détenu dans la maison de Chambéry. La procédure faite en vendémiaire dernier l'avait déclaré dangereux et très nuisible à la chose publique. Il est le plus dangereux et le plus à craindre de tous ceux qui sont pris dans la procédure. Il a cinq ou six fermes, peut toujours s'accaparer du revenu de ces fermes. La municipalité précédente lui était toute dévouée."

Voici la réponse, du 17 floréal an II [6 mai 1794], au sujet de la procédure instruite contre Jacques Belly, Pierre et Joseph Goibet, d'Yenne, détenus en maison commune :

"Ouï l'agent national, qu'il est d'avis que ledit Joseph Goibet reste en détention dans la maison de sûreté de cette commune jusqu'à la paix ; que ledit Pierre Goibet reste pendant un an à Chambéry sous la surveillance de la municipalité et du comité de..., et qu'il paie une amende proportionnelle à ses facultés, laquelle sera versée dans la caisse des séquestres, etc." Signé : Labeye.

extrait d'un article paru dans la Revue du Bugey

communiqué par Sabine PUTZ



Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site